Comment élaborer
un plan de financement
Le prix d'acquisition d'un immeuble peut être
versé au comptant, à crédit (le vendeur consentant
à l'acheteur des délais de paiement : à ne
pas confondre avec le crédit immobilier sollicité auprès
d'un établissement spécialisé), en viager.
La somme totale à verser ne se limite pas
au seul prix d'achat. S'y ajoutent d'autres frais, tels que coût
des formalités et frais de notaire notamment, plus élevés
dans l'ancien que dans le neuf. En outre, l'acheteur est normalement redevable
de certains impôts ou taxes divers.
En pratique, le capital nécessaire pour
acheter étant difficile à mobiliser, le financement à
crédit est particulièrement répandu. Or, la capacité
à acheter, y compris en s'engageant dans un emprunt, peut présenter
un caractère à proprement parler éliminatoire.
Nombre de ménages sont ainsi écartés de l'acquisition,
faute de pouvoir réunir entre 10 % et 20 % d'apports
personnels pour un prêt immobilier classique.
Il convient donc d'élaborer un plan de
financement, autrement dit :
- évaluer l'épargne disponible (économies,
produit de la vente de biens, don consenti par un proche, etc.),
- estimer sa capacité de remboursement, avant
de choisir parmi les différentes formules de crédit immobilier,
- anticiper sur l'évolution probable de
ses ressources et de besoins.
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Apport personnel
Ce terme est d'ailleurs souvent inexact, l'apport
personnel pouvant être constitué :
- uniquement d'économies ou autres fonds
propres,
- de fonds propres et de fonds empruntés,
- voire uniquement de fonds empruntés.
En principe, l'établissement de crédit
acceptera de prendre en compte :
- le prêt familial consenti par un proche
parent,
- le prêt d'épargne logement issu
d'un PEL et/ou CEL,
- le prêt "1 % logement"
accordé par certaines entreprises à leurs salariés,
- et divers autres prêts tels que les
prêts des caisses de retraite, prêts des collectivités
locales, prêts complémentaires du Crédit foncier
aux fonctionnaires, etc.
En règle générale, les établissements
de crédit acceptent rarement un taux d'endettement supérieur
à 33 % des ressources mensuelles nettes de l'emprunteur.
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Droit à l'information
Toute publicité relative à une formule
de crédit immobilier doit, obligatoirement, comporter certaines
mentions. Elle doit notamment indiquer la durée de l'opération,
son coût total et le taux effectif global annuel et mensuel du crédit
(TEG), c'est-à-dire le taux d'intérêt auquel s'ajoutent
divers frais obligatoires liés au contrat.
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Offre de prêt et délai de réflexion
L'offre de prêt est un document écrit.
Ce document précise les conditions du prêt : montant,
coût, garanties exigées (hypothèque, cautionnement,
assurance décès, etc.).
Sont notamment indiqués :
- le taux du crédit (fixe, progressif,
variable ou ajustable),
- et le (appelé "échéancier")
des amortissements, qui précise le montant et le nombre des
mensualités, ainsi que la part correspondant aux intérêts
et celle correspondant au remboursement du capital, pour chaque mensualité.
Les conditions de l'offre de prêt sont valables
30 jours au moins. Durant toute cette période, le banquier
ne peut pas unilatéralement les modifier, en tout ou partie.
Dès réception de l'offre, le futur
emprunteur bénéficie d'un délai de réflexion
de 10 jours, pour lui permettre de faire jouer la concurrence et
choisir le prêt le mieux adapté à ses besoins. Pendant
ce délai dit "de réflexion", tout engagement
de sa part serait sans effet.
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Délai de rétractation
En pratique, compte tenu de l'importance du capital
à mobiliser, il vous faut généralement cumuler
plusieurs prêts pour réunir le financement nécessaire.
Par ailleurs, il peut arriver que le projet immobilier n'aboutisse pas.
La loi a donc prévu un double système d'interdépendance :
- interdépendance des prêts entre
eux,
- et interdépendance de l'acquisition
et des prêts.
1) Le contrat d'achat (ou "contrat principal")
est obligatoirement conclu sous la condition suspensive d'obtention du
prêt qui en assure le financement :
- si ce prêt n'est pas obtenu dans un
certain délai (au moins 1 mois), le contrat d'achat est
considéré comme nul et toutes les sommes versées
sont restituées par le vendeur sans indemnité,
- inversement, le contrat de prêt est
lié à la conclusion du contrat d'achat.
Une personne peut également solliciter plusieurs
prêts. Si l'un de ces prêts complémentaires est refusé,
la loi permet de résilier tous les autres contrats de prêt,
à une double condition :
- le montant du prêt refusé doit
être supérieur à 10 % du crédit total,
- l'emprunteur doit avoir informé les
autres établissements prêteurs qu'il demandait d'autres
prêts.
2) Pour une raison ou pour une autre, le contrat
d'achat n'est pas signé ou est résilié. En ce cas,
la loi autorise l'emprunteur à résilier le contrat de prêt,
moyennant versement d''une indemnité pour frais d'étude
du dossier, doublement plafonnée à 0,75 % du prêt
accordé et à 1 000 F.
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Difficultés financières pour
rembourser le prêt
En cas de licenciement, chômage, décès,
etc., l'emprunteur peut éprouver des difficultés à
rembourser les sommes dues. Deux situations peuvent se présenter,
le banquier ayant le choix entre :
- exiger le remboursement immédiat du
capital,
- ou majorer le taux d'intérêt,
pour le capital restant dû.
S'il exige le remboursement immédiat du capital
restant dû, il est également en droit de réclamer :
- les intérêts échus,
- des intérêts de retard jusqu'au
règlement effectif des sommes dues, à un taux égal
à celui du prêt,
- et, si le contrat prévoit cette faculté,
une indemnité calculée en fonction de la durée
du contrat restant à courir, dans la limite de 7 % du
capital à rembourser et des intérêts échus
à payer.
S'il n'exige pas le remboursement immédiat
du capital restant dû, il peut majorer le taux d'intérêt
jusqu'à ce que l'emprunteur s'acquitte normalement des échéances.
Cette majoration est limitée à trois points d'intérêts
(autrement dit, pour un taux d'intérêt initialement fixé
à 6 %, le taux d'intérêt majoré ne peut
pas excéder 9 %). Encore faut-il qu'une clause du contrat
de prêt ait été prévue en ce sens.
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Remboursement par anticipation
L'emprunteur peut prendre
l'initiative de rembourser, par anticipation, tout ou partie d'un prêt
immobilier. Le contrat de prêt peut cependant interdire tout remboursement
partiel anticipé inférieur ou égal à 10 %
du montant initial du prêt.
En cas de remboursement
anticipé et si le contrat de prêt le prévoit, le
banquier peut demander le versement d'une indemnité au titre
des intérêts non encore échus.
Le montant de cette indemnité
ne peut pas dépasser la valeur d'un semestre d'intérêt
sur le capital remboursé au taux moyen du prêt, dans la
limite de 3 % du capital restant dû avant remboursement.
Enfin, pour les prêts
conclus depuis le 29.06.99, cette indemnité ne peut pas être
exigée si le remboursement anticipé est motivé
par l'un ou l'autre des trois cas suivants :
- vente de l'immeuble
suite à un changement du lieu d'activité professionnel
de l'emprunteur ou de son conjoint,
- licenciement ou invalidité
de l'emprunteur ou de son conjoint,
- décès
de l'emprunteur ou de son conjoint.
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